vendredi 19 juin 2015
spectacle de fin d'année
Chers parents,
Notre classe ouvre la première partie du spectacle de fin d'année, au théâtre.
Aucune tenue vestimentaire spéciale.
Nous nous donnons rendez-vous à 17h45 au pied de l'escalier.
Conseils aux plus jeunes (et à leurs parents)
Patrice Corre, ancien proviseur du Lycée Germaine de Staël à Montluçon est aujourd'hui proviseur du Lycée Henri IV à Paris.
Il est ici interrogé par le magazine Phosphore
http://www.phosphore.com/video/318/patrice-corre-proviseur-du-lycee-henri-iv-a-paris-1-3.html
http://www.phosphore.com/video/319/patrice-corre-proviseur-du-lycee-henri-iv-a-paris-2-3.html
http://www.phosphore.com/video/320/patrice-corre-proviseur-du-lycee-henri-iv-a-paris-3-3.html
Il est ici interrogé par le magazine Phosphore
http://www.phosphore.com/video/318/patrice-corre-proviseur-du-lycee-henri-iv-a-paris-1-3.html
D’après Patrice Corre, pousser un enfant dans un établissement avec de fortes exigences de travail et de résultats peut mener à l’échec.
http://www.phosphore.com/video/319/patrice-corre-proviseur-du-lycee-henri-iv-a-paris-2-3.html
Un conseil pour remplir le dossier de fin de troisième : « mettre en premier choix un lycée qu’on a toute les chances d’avoir ! » Explications de Patrice Corre.
http://www.phosphore.com/video/320/patrice-corre-proviseur-du-lycee-henri-iv-a-paris-3-3.html
« Travaillez, ayez de l’ambition scolaire ! » Pour Patrice Corre, les places dans les lycées les plus cotés se conquièrent par la volonté ; elles ne sont pas réservées à une élite sociale.
mardi 16 juin 2015
samedi 13 juin 2015
Comment les robots nous aident à comprendre l'homme
Présentation de Pierre-Yves Oudeyer à la conférence LIFT Marseille, octobre 2013
Pierre Yves Oudeyer, directeur de recherche à Inria, s'appuie sur des expériences avec des robots pour explorer des questions essentielles sur l'homme : Qu'est-ce que marcher et comment cela s'apprend-il ? Comment un enfant peut-il apprendre par lui-même à interagir avec les objets qui nous entourent ? Comment peut-il aussi apprendre à interagir avec les autres ? Comment naissent les langues ? Derrière ces questions, il étudie le rôle de l'auto-organisation, ainsi que celui du corps, qui peut avec les robots devenir une variable expérimentale. Et pour permettre à d'autres de poser leurs propres questions, il nous présente Poppy, "le premier robot humanoïde imprimé en 3D et open-source" (voir http://www.poppy-project.org ).
(This work by Lift Conference is licensed under a Creative Commons Attribution-ShareAlike 2.5 Switzerland License. Original link: http://videos.liftconference.com/vide...)
Bio:
Pierre-Yves Oudeyer, directeur de recherche à Inria, étudie les mécanismes de l'apprentissage et du développement sensorimoteur, cognitif et social chez l'humain et chez les robots. Suivant une approche multidisciplinaire, où les sciences informatiques et robotiques participent à notre compréhension du vivant et de l'homme, il s'intéresse au rôle de l'auto-organisation et de l'apprentissage au cours des interactions entre cerveau, corps et environnement physique et social.
En particulier, il étudie le rôle de la curiosité et des motivations intrinsèques dans l'acquisition de nouveaux savoir-faire, et a joué, avec ses collaborateurs, un rôle pionnier dans l'élaboration de mécanismes de curiosité en robotique et en intelligence artificielle. Ces expérimentations robotiques ont aussi mené à des hypothèses nouvelles sur l'organisation du développement cognitif chez l'enfant, et la manière dont il découvre progressivement son corps et les interactions avec son environnement.
Il a également étudié la manière dont des langues nouvelles peuvent se former dans des communautés d'individus, et en particulier en construisant et en analysant des populations de robots capables d'inventer leurs propres langues.
Lauréat du programme européen ERC et du prix Le Monde de la recherche universitaire, il dirige l'équipe Flowers à Inria et à l'Ensta ParisTech, et a été chercheur au Sony Computer Science Laboratory à Paris.
Il participe aussi activement à la diffusion des sciences vers le grand public, au travers de l'écriture d'articles et de livres de vulgarisation, et en participant à des expositions sur les sciences. Il a notamment participé à l'exposition "Mathématiques: Un Dépaysement Soudain" à la Fondation Cartier, et collaboré avec le cinéaste David Lynch dans le cadre du projet Ergo-Robots.
Web: http://www.pyoudeyer.com
Flowers team: https://flowers.inria.fr
Poppy project: http://www.poppy-project.org
Twitter: https://twitter.com/pyoudeyer
Youtube: http://www.youtube.com/channel/UC7QuD...
Pierre Yves Oudeyer, directeur de recherche à Inria, s'appuie sur des expériences avec des robots pour explorer des questions essentielles sur l'homme : Qu'est-ce que marcher et comment cela s'apprend-il ? Comment un enfant peut-il apprendre par lui-même à interagir avec les objets qui nous entourent ? Comment peut-il aussi apprendre à interagir avec les autres ? Comment naissent les langues ? Derrière ces questions, il étudie le rôle de l'auto-organisation, ainsi que celui du corps, qui peut avec les robots devenir une variable expérimentale. Et pour permettre à d'autres de poser leurs propres questions, il nous présente Poppy, "le premier robot humanoïde imprimé en 3D et open-source" (voir http://www.poppy-project.org ).
(This work by Lift Conference is licensed under a Creative Commons Attribution-ShareAlike 2.5 Switzerland License. Original link: http://videos.liftconference.com/vide...)
Bio:
Pierre-Yves Oudeyer, directeur de recherche à Inria, étudie les mécanismes de l'apprentissage et du développement sensorimoteur, cognitif et social chez l'humain et chez les robots. Suivant une approche multidisciplinaire, où les sciences informatiques et robotiques participent à notre compréhension du vivant et de l'homme, il s'intéresse au rôle de l'auto-organisation et de l'apprentissage au cours des interactions entre cerveau, corps et environnement physique et social.
En particulier, il étudie le rôle de la curiosité et des motivations intrinsèques dans l'acquisition de nouveaux savoir-faire, et a joué, avec ses collaborateurs, un rôle pionnier dans l'élaboration de mécanismes de curiosité en robotique et en intelligence artificielle. Ces expérimentations robotiques ont aussi mené à des hypothèses nouvelles sur l'organisation du développement cognitif chez l'enfant, et la manière dont il découvre progressivement son corps et les interactions avec son environnement.
Il a également étudié la manière dont des langues nouvelles peuvent se former dans des communautés d'individus, et en particulier en construisant et en analysant des populations de robots capables d'inventer leurs propres langues.
Lauréat du programme européen ERC et du prix Le Monde de la recherche universitaire, il dirige l'équipe Flowers à Inria et à l'Ensta ParisTech, et a été chercheur au Sony Computer Science Laboratory à Paris.
Il participe aussi activement à la diffusion des sciences vers le grand public, au travers de l'écriture d'articles et de livres de vulgarisation, et en participant à des expositions sur les sciences. Il a notamment participé à l'exposition "Mathématiques: Un Dépaysement Soudain" à la Fondation Cartier, et collaboré avec le cinéaste David Lynch dans le cadre du projet Ergo-Robots.
Web: http://www.pyoudeyer.com
Flowers team: https://flowers.inria.fr
Poppy project: http://www.poppy-project.org
Twitter: https://twitter.com/pyoudeyer
Youtube: http://www.youtube.com/channel/UC7QuD...
vendredi 12 juin 2015
Alice et les traductions du temps présent
Lire le texte intégral de l'article sur http://leblogdenathaliemp.com/2015/06/12/alice-et-les-traductions-du-temps-present/#more-3851

Texte de 1962 :

... La crainte du nivellement par le bas
exprimée par les enseignants est partagée par un collectif d’étudiants
et de jeunes professionnels. Ils ont publié hier une tribune dans le Huffington Post ainsi qu’une lettre
ouverte à la Ministre de l’Education dans le Figaro. Ils expliquent
qu’ils sont issus des filières d’excellence sans pour autant faire
partie des classes sociales favorisées et que l’accès aux classes
bilangues, au latin et au grec, ainsi qu’à un enseignement scientifique
et littéraire complet, fut pour eux le moteur riche et passionnant de la
réussite. Ils demandent à la Ministre de suspendre l’exécution du
décret d’application de la réforme du collège afin d’ouvrir un vrai
débat démocratique sur la question.
Il se trouve qu’au même moment, le Projet Voltaire, service internet de formation à l’orthographe et à la grammaire, publiait les résultats
d’une étude conduite auprès de 50 000 participants : en 2010, ils
étaient 51 % à maîtriser correctement l’ensemble des règles de la langue
française tandis qu’ils ne sont plus que 45 % en 2015. « Je ne pensais pas que la baisse serait aussi spectaculaire en seulement cinq ans ! »
se désole Pascal Hostachy, fondateur du projet. Il souligne que la
qualité orthographique dépend directement de notre confrontation à
l’écrit, c’est-à-dire à la lecture. Si dans cette étude les femmes
réalisent de meilleures performances que les hommes, c’est parce
qu’elles lisent plus. La lecture est au coeur de notre apprentissage et
de notre maîtrise du Français, et cela commence dès l’enfance.
Quant à moi, chaque année à la même
époque, je me lance dans une vaste opération de tri et de rangement en
prévision de la célèbre braderie de la rue d’Isly. C’est l’occasion de
me replonger avec délice et nostalgie dans les livres que j’ai dévorés
passionnément quand j’étais élève à l’école primaire ou en classe de
sixième. Parmi eux, Les six compagnons de la Croix-Rousse, et surtout, Alice, mon héroïne préférée. Et c’est aussi l’occasion de faire quelques comparaisons entre les éditions successives.
Quelques mots sur Alice Roy,
jeune américaine intelligente, indépendante et sportive, dont les
talents de détective et les qualités de coeur vont redonner le sourire à
maintes personnes lésées, trompées ou terrorisées. En anglais, elle
s’appelle Nancy Drew. Son auteur, Caroline Quine (Carolyn Keene en
anglais) est en fait un nom de plume regroupant plusieurs
rédacteurs. Elle apparait aux Etats-Unis en 1930 et en France en 1955.
Le directeur des collections jeunesse chez Hachette, ancien professeur
d’anglais, souhaite alors relancer la Bibliothèque verte en éditant des
séries anglo-saxonnes qui mettent en scène des héros récurrents. Le
premier titre publié sera Alice détective, bientôt suivi de Alice au bal masqué. Commence alors une carrière pleine de succès pour la série Alice qui
sera très longtemps en tête des ventes de la Bibliothèque verte. La
première traductrice de la série fut Hélène Commin et le premier
dessinateur, celui qui fixera un certain nombre de caractéristiques
visuelles du personnage, tel que le bandeau dans les cheveux, fut Albert
Chazelle.
Mais au fil des années, textes et illustrations subissent quelques aménagements. Quand j’ouvre mon exemplaire d’Alice au bal masqué,
par exemple, et que je le rapproche de celui que j’ai acheté pour ma
fille quelques décennies plus tard, je découvre que les traductions et
les textes de quatrième de couverture (cliquer sur les photos pour mieux
lire) ont évolué comme ceci :Texte de 1962 :
“Ce costume te va à ravir, Alice”, dit la
vieille Sarah. Elle enveloppa la jeune fille d’un regard plein de
tendresse, puis ajouta en souriant: “Il te donne, de plus, un air si
mystérieux….” Alice Roy achevait de s’habiller pour le bal masqué auquel
elle était invitée ce soir-là chez les parents de Gloria Harwick, son
ancienne camarade de lycée. Elle devait s’y rendre en compagnie de Ned
Nickerson, ami d’enfance qui se faisait volontairement son chevalier
servant. Pour l’occasion, elle avait revêtu un déguisement de grande
dame espagnole: longue robe rouge à volants et mantille de
dentelle. Debout devant sa psyché, Alice assura soigneusement la
perruque brune qui dissimulait ses boucles blondes. Un loup de satin
noir au bavolet de tulle dissimulait entièrement son visage, ne laissant
voir que les yeux bleus, pétillant de malice derrière les fentes du
masque. »
Texte de 2008 :
“Ce costume te va à ravir, Alice”, affirme Sarah. Elle ajoute en souriant: « Il te donne un petit air mystérieux… » Alice Roy achève de s’habiller pour le bal masqué auquel elle était invitée ce soir-là chez les parents de Gloria Hendrick, une ancienne camarade de lycée. Elle doit s’y rendre en compagnie de Ned Nickerson, son chevalier servant. Pour l’occasion, elle a revêtu un déguisement de grande dame espagnole : longue robe rouge à volants et mantille de dentelle. Debout devant son miroir, Alice ajuste soigneusement la perruque brune qui dissimule ses boucles blondes. Un loup de satin noir cache son visage, ne laissant apparaître que ses yeux bleus pétillant de malice. »
Entre 1962 et 2008, s’intercalent
d’autres versions qui concourent toutes à la cure d’amincissement du
texte, provoquant parfois de grandes déceptions chez les adultes qui ont grandi avec Alice, le Club des cinq ou les Six compagnons.
A travers cet exemple, on a tout loisir de constater : 1. que le récit
ne se fait plus à l’imparfait et au passé simple, mais au temps
présent, 2. que les détails descriptifs sont limités voire supprimés
(regard plein de tendresse, bavolet de tulle) et 3. que le vocabulaire
est simplifié de manière à ne garder que les termes génériques à
l’exclusion de tout terme spécialisé (psyché devient miroir, dissimuler
devient cacher).
La réaction immédiate consiste à se dire
que décidément nos enfants ne sont pas aidés. Si la lecture est le
vecteur de la connaissance de la langue, si elle est le moyen
d’apprendre à exprimer des idées variées avec des mots et des
connecteurs logiques variés utilisés dans une concordance des temps
également logique, il n’est guère étonnant qu’ils aient de plus en plus
de mal à s’exprimer à l’écrit comme à l’oral, tant les modèles qu’on
leur donne sont allégés. On se demande à quoi pensent les éditeurs :
jugent-ils avec un total réalisme que les jeunes d’aujourd’hui sont
tellement mal formés à l’école que s’ils veulent encore vendre des
livres il faut leur donner de la lecture basée sur un ensemble très
limité de vocabulaire et de syntaxe ?
J’ai eu la chance de pouvoir contacter
par téléphone un responsable d’édition de Hachette Jeunesse, et je le
remercie ici du temps qu’il m’a consacré. Je lui ai fait part de mon
étonnement devant ce que je qualifierais d’appauvrissement des textes
proposés aux jeunes et je lui ai expliqué que j’aimerais beaucoup avoir
son point de vue d’éditeur. Il m’a tout de suite reprise. Il n’est pas
du tout question d’appauvrissement, mais de modernisation. La société a
évolué, les enfants ont changé et sont confrontés à des modes de
communication très diversifiés. Ils ont l’habitude de passer très
rapidement d’un centre d’intérêt à un autre. Pour les attirer vers la
lecture, il faut donc qu’ils y retrouvent les caractéristiques des
autres médias. L’utilisation systématique du présent vise à accélérer le
récit, de même que la suppression des passages trop descriptifs.
Hachette considère que les textes comme Alice sont intemporels :
on garde l’histoire, mais on la transpose et on l’adapte au fil du
temps. Par contre, les textes dits « d’auteurs » sont conservés en
l’état, des renvois en bas de page apportant les éventuelles
explications nécessaires. C’est le traitement appliqué à la comtesse de
Ségur, par exemple.
Sous les propos de l’éditeur, on comprend malgré tout que le public des lecteurs doit être encouragé (*)
et qu’il importe d’aller au devant de lui. Les Bibliothèques rose et
verte sont maintenant pratiquement entièrement dédiées à la
transposition à l’écrit de séries télévisées en vogue auprès des
enfants. Quant à la modernisation d’Alice, elle correspond bien
à une perte de contenu dans la mesure où ces textes sont maintenant
édités en Bibliothèque rose, c’est-à-dire pour un lectorat beaucoup plus
jeune que lorsque la série a démarré en France en 1955.
S’il est vrai que le monde évolue, il me
semble que c’est plutôt dans le sens d’une complexification croissante.
J’ai du mal à croire que le langage qui sert à décrire le monde puisse
dans le même temps se recroqueviller sur lui-même. Ne parlons pas
spécifiquement vocabulaire, il est très possible que sur ce plan-là nous
ne soyons pas en train de vivre un appauvrissement mais un glissement
vers un remplacement : psyché devient désuet, mais fournisseur d’accès
internet va peut-être faire son entrée dans le dictionnaire. Parlons
plutôt syntaxe, conjugaison et variété de la langue : ce sont les
éléments centraux d’un langage évolué car il est question de subtilité,
de logique et d’articulation des pensées. Toute éducation qui voudrait
s’en affranchir constituerait selon moi une régression intellectuelle
grave.
(*) Mise à jour du vendredi 12 juin 2015 à 12 h : Hachette Jeunesse me fait savoir que la collection en question est en pleine santé.
mercredi 10 juin 2015
Natacha Polony : Lettre ouverte au président qui renie Jules Ferry
Lu sur http://laicite-revue-de-presse.fr/?p=5576
... ...
Dans « Marianne » No 943 en kiosques le vendredi 15 mai et disponible aussi au format numérique, Natacha Polony explique que « ce qui est en train de se mettre en place est la phase terminale et métastasée de l’entreprise de démolition de l’école républicaine ». Car selon la journaliste, la « philosophie » de cette réforme du collège « n’est que le prolongement de toutes celles qui ont précédé depuis trente ans ». Néanmoins, elle rappelle François Hollande à ses « engagements » de campagne et à son discours du Bourget où, écrit-elle, « la République illuminait chaque phrase ». Voici cette « lettre ouverte ».
... ...
Dans « Marianne » No 943 en kiosques le vendredi 15 mai et disponible aussi au format numérique, Natacha Polony explique que « ce qui est en train de se mettre en place est la phase terminale et métastasée de l’entreprise de démolition de l’école républicaine ». Car selon la journaliste, la « philosophie » de cette réforme du collège « n’est que le prolongement de toutes celles qui ont précédé depuis trente ans ». Néanmoins, elle rappelle François Hollande à ses « engagements » de campagne et à son discours du Bourget où, écrit-elle, « la République illuminait chaque phrase ». Voici cette « lettre ouverte ».
Monsieur le Président,
Qu’avez-vous fait du plus grand combat de la gauche républicaine ?
Votre premier hommage, le jour de votre investiture, fut pour les mânes de Jules Ferry. A quoi tout cela a-t-il servi ? Non, vous ne ferez
croire à personne que vous imaginez réellement améliorer l’école
française en lui administrant la potion qu’elle avale depuis trente
ans. Relisez les réformes, programnes et recommandations produits au
kilomètre, vous y trouverez les mêmes mots, les mêmes considérations : «
Donner du sens aux enseignements » à travers des « projets
interdisciplinaires », « individualiser les parcours » pour « passer du
collège pour tous au collège pour chacun ». Qu’il y ait des illuminés
pour nous expliquer que le malade est mourant parce que la saignée n’a
pas été assez importante, et qu’il faut continuer, il fallait s’y
attendre, mais pas vous.
Alors, une question nous vient : pourquoi tous ces gens
s’échinent-ils à priver le peuple des connaissances qui émancipent les
êtres et les font maîtres d’eux-mêmes ? L’intuition de leur propre
carence ? On comprend dès lors que votre ministre traite de «
pseudo-intellectuels » des académiciens et des penseurs qui
s’inquiètent de l’éradication ultime des langues anciennes (transformée
par la magie de la communication politique en « extension à tous les
élèves de l’accès au latin » ; l’accès seulement). Mais Najat
Vallaud-Belkacem est habile : avec votre bénédiction et la complicité
de ses adversaires politiques et d’une partie des médias, elle tente le
tour de passe-passe qui seul peut sauver sa calamiteuse réforme : la
transformer en un combat de « la gauche » contre « la droite », de «
l’égalité » contre « l’élitisme ».
Alors il faut aller au fond des choses et
expliquer précisément pourquoi le collège rêvé par Mme Najat
Vallaud-Belkacem est la négation absolue de l’idéal égalitaire que vous
prétendez poursuivre. Pour quoi ce qui est en train de se mettre en
place est la phase terminale et métastasée de l’entreprise de
démolition de l’école républicaine, outil d’émancipation d’un peuple de
citoyens, au profit d’une fabrique de consommateurs-producteurs
adaptables aux aléas du marché du travail en économie mondialisée.
Il y a la question, bien sûr, des langues anciennes, dont on
élimine l’enseignement précis, qui seul permet de structurer la pensée
et d’entrer pleinement dans la compréhension d’une civilisation. Il y a
la question des classes bilangues que l’on veut supprimer par haine de
tout ce qui pourrait ressembler à une distinction. Pensez donc,des
parents ignobles qui chercheraient à soustraire leurs enfants à la belle
mixité sociale ! Quand ces classes permettent au contraire, implantées
dans des collèges de banlieue, d’y maintenir les enfants de classe
moyenne en donnant l’espoir aux parents d’y trouver exigence et
discipline. Et puis il y a la question des programmes d’histoire,
illustration pathétique de la soumission à l’air du temps et aux
impératifs d’auto-flagellation.
Mais il y a surtout la philosophie de cette réforme, qui n’est
que le prolongement de toutes celles qui ont précédé depuis trente ans.
Et voilà bien l’escroquerie. Escroquerie de ceux qui veulent présenter
comme moderne le florilège de toutes les vieilles lunes pédagogiques
qui doivent au système scolaire français d’être devenu en vingt ans le
plus inégalitaire au monde, celui où les pauvres ont le moins de chances
de réussir (lisez les enquêtes Pisa, monsieur le Président : elles sont
notre honte). Escroquerie, également, de ceux qui hurlent au scandale
quand cette réforme du collège est à peu près le copier-coller de la
réforme du lycée de la présidence Sarkozy. Quand elle n’est en fait
qu’un épisode de plus de ce grand démantèlement, après la loi
d’orientation de 1989 signée Lionel Jospin, après les réformes de 1999
signées Claude Allègre et Jack Lang, après la loi d’orientation de 2005
signée François Fillon…
A quoi devons-nous ce bel unanimisme ? A
l’implantation, bien sûr, à tous les échelons de la Rue de Grenelle, de
ces « experts » dont la principale compétence est de survivre à tous les
régimes. Mais surtout à la diffusion chez tous les acteurs et
décideurs, de droite comme de gauche, d’une vulgate imprégnée
d’idéologie managériale et de culte de l’évaluation. Les petits
comptables ont remplacé les visionnaires. Condorcet et Jules Ferry ont
été pulvérisés par un executive-manager. Au cœur de tout cela, les
fameuses « compétences » qui ont fait leur entrée dans l’école à
l’occasion de la loi Fillon de 2005, à travers le « socle commun »
.Avez-vous déjà ouvert un livret de compétences, monsieur le Président ?
Vous qui aimez les blagues, vous aurez le summum de l’humour absurde.
Évaluation des compétences, valorisation des acquis, tout ce
vocabulaire issu du management s’est imposé à tous les échelons du
système sous la pression des instances internationales, OCDE et Union
européenne, qui considèrent l’éducation comme un critère de performance
dans le cadre d’une économie mondialisée. En 1995, le livre blanc de la
Table ronde des entreprises européennes, un des lobbys gravitant à
Bruxelles, estimait d’ailleurs que « l’éducation doit être considérée
comme un service rendu aux entreprises ». C’est aujourd’hui chose
faite, même si l’on habille ça de plus d’élégance. On dira « préparer
les élèves au monde de demain ».
La droite libérale moderniste applaudit (tout en
protestant quand on éradique de façon trop ouverte le patrimoine) :
tout cela est en phase avec sa vision utilitariste et comptable. Tout
au plus réclame-t-elle davantage de nouvelles technologies et
d’«anglais de communication internationale ». Mais c’est bien la gauche
qui a amorcé le mouvement. Et pas seulement parce qu’une bonne part de
cette gauche (le nierez-vous ?) s’est ralliée à cette vision
utilitariste du monde. Il y a, bien sûr, les discours gentillets sur la
nécessité de ne pas humilier les chérubins… Il y a surtout cette vieille
haine des savoirs « élitistes » et « bourgeois» qui ne serviraient qu’à
la « distinction » des « héritiers ». Merci, Pierre Bourdieu.
Du stand-up plutôt que Racine et Corneille, des « débats citoyens
» plutôt que des connaissances qui construisent le jugement, un
catéchisme du vivre-ensemble plutôt que le roman national qui fonde la
nation en y agrégeant tous les enfants, nouveaux venus ou non… Tout ce
qu’il faut pour fabriquer des ignorants satisfaits, « à l’aise à l’oral
», mais ne maîtrisant ni la langue française, ni le monde qui les
entoure. Faut-il vous infliger les statistiques ? Sortez, monsieur le
Président, interrogez des artisans, des commerçants, tout votre peuple
qui accueille des apprentis et découvre avec stupéfaction qu’ils ne
savent pas écrire sous la dictée et ne comprennent pas une recette de
cuisine ou un manuel d’utilisation d’un appareil.
Droite et gauche ont depuis trente ans abandonné l’idée héritée de l’humanisme et des Lumières
d’un savoir qui nous émancipe et nous transforme, un savoir qui vaut
par lui-même, et non comme un prétexte au déploiement de compétences
diverses s’exprimant à travers des « projets interdisciplinaires »,
seuls capables de faire supporter l’ennui qu’inspirent les chefs-d’œuvre
de la littérature ou la connaissance du règne d’Henri IV. Le contenu
de l’enseignement ne les intéresse pas. Parce que l’institution
d’hommes libres, capables de choisir leur destin en commun, ne les
intéresse pas.
Voilà bien pourquoi les alternances électorales n’ont pas
empêché la lente descente aux enfers et ce que Marianne a appelé le «
massacre des innocents ». Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy, qui fut élu en
2007 grâce à son discours sur l’école, la mémoire, la transmission, a
trahi. Voilà pourquoi vous-même, qui avez été élu grâce à un discours,
celui du Bourget, où la République illuminait chaque phrase, avez oublié
vos engagements d’alors. Voulez-vous vraiment, monsieur le Président,
continuer à priver les plus pauvres du seul bien qu’il leur reste,
l’école républicaine ?
dimanche 7 juin 2015
Les fonctions exécutives, 3 compétences clés.
Céline Alvarez | 07/06/2015 à 18:08 | Catégories: ACCOMPAGNEMENT PEDAGOGIQUE, Autonomie, Ce que dit la recherche, Construction de l'intelligence, Période critique, Principes théoriques - vidéos, VIE QUOTIDIENNE
| URL: http://wp.me/p3n0He-Kd
Lire la suite >>>vendredi 5 juin 2015
Témoignage sur l’état de l’École
Par Robin Guilloux
Professeur certifié de
Lettres, titulaire d'une maîtrise d'enseignement en philosophie, je suis
actuellement à la retraite de l'Education nationale depuis 2010.
J'ai été professeur de Français et de Philosophie dans
l'enseignement privé sous contrat, puis de Français dans l'enseignement
public, après l'obtention du CAPES de Lettres.
Je ne me fais aucune
illusion sur l'efficacité de mon témoignage qui recouvre une période de
plus de trente ans sur tous les niveaux (collège, lycée, lycée
professionnel), aussi bien dans des "lycées chics" de centre-ville (à
Lyon), que dans des collèges de banlieue classés ZEP (zone d'éducation
prioritaire pour les non-initiés).
Personne
n'écoute les personnels de terrain et surtout pas les technocrates
"progressistes" de la rue de Grenelle (le ministère de l'Éducation
nationale).
Mais je commence à me faire vieux (65 ans, dont plus de
trente à blanchir sous le harnais de l'Education nationale) et j'ai
besoin de parler (et si sum "vox clamantis in deserto"),
d'autant que je ne suis plus soumis à l'obligation de réserve et que je
ne risque plus rien (sous les apparences du pays des Bisounours, l'Éducation nationale est un système totalitaire et il faut veiller à rester dans le politiquement correct).
Pendant trente ans, année après année, j'ai assisté à la
destruction progressive de l'École de la République. Le processus
a commencé avec la Réforme Haby en 1975 (je faisais encore mes études
universitaires) et s'est poursuivi sous le prétexte trompeur de la
"démocratisation de l'École".
Les "crans d'arrêt" ou, si l'on préfère, les garde-fous mis
en place par la Réforme contre le "collège unique" : orientation après
la cinquième, CPPN, 4ème et 3ème technologiques, redoublements, etc. ont
été peu à peu supprimés par les gouvernement successifs de Gauche comme
de Droite, mais avec une nette accélération à partir des années 90 et
la Loi d'orientation de 89, dite, "Loi Jospin", qui a mis, comme on le
sait, l'élève "au centre du système éducatif".
Ces réformes successives, appuyées par la pression du lobby
pédagogiste piloté par l'inénarrable Philippe Meirieu (bien creusé,
vieille taupe !) ont abouti à la situation catastrophique que nous
connaissons aujourd'hui : 30 % d'élèves qui entrent en 6ème sans savoir
lire et écrire correctement et qui ne possèdent pas les bases
nécessaires pour effectuer un raisonnement mathématique et un collège
qui ne parvient plus à combler les lacunes abyssales des élèves et dont
nos responsables politiques ont décidé de "jeter l'éponge" en les
transformant en "lieu de vie".
Devant cette situation,
n'importe quelle personne sensée se poserait la question de
l'efficacité des méthodes d'enseignement utilisées (à de rares
exceptions près) à l'école primaire : méthode globale, observation
réfléchie de la langue substituée à la grammaire traditionnelle, cours
de vocabulaire réduits à la portion congrue, suppression du "par cœur",
multiplication des "sorties éducatives", introduction massive de
l'informatique, de l'éducation à la citoyenneté, de l'éducation au tri
des déchets ménagers et de toutes sortes de belles choses (j'en passe et
des meilleures) dont je me garderais bien de nier l'utilité (ah ! le
critère de '"l'utilité" !), mais qui ont eu une fâcheuse tendance à se
substituer à la transmission des savoirs, les instituteurs (pardon, les
"Professeurs des Écoles") ayant été sommés de se métamorphoser en
gentils moniteurs de colonie de vacances.
Mais les technocrates de la rue de Grenelle (comme tous les
technocrates du monde, par exemple ceux de Bruxelles) sont tout sauf des
gens sensés et obéissent à une logique particulière : le collège
français ne marche pas parce qu'il y a encore trop de transmission et
"d'enseignements frontaux" et pas assez de "pédagogie progressiste",
variante de : "le communisme ne marche pas parce qu'il n'y pas assez de
communisme !" ou "l'Europe ne marche pas parce qu'il n'y a pas assez
d'Europe !"
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jeudi 4 juin 2015
lundi 1 juin 2015
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